Passi vs. Garcia, on fait le bilan

Après la réception de Lille, Rudia Garcia et Franck Passi ont disputé 9 matchs chacun. Au-delà d’une nette remontée au classement, les statistiques ont-elles autre chose à nous apprendre sur les performances de l’OM ? Réponse en tableaux.

Les indicateurs « primaires »

tableau-1

Au nombre de points par match, Rudi Garcia est sans surprise devant son prédécesseur et l’on notera que la difficulté de l’opposition qu’ont eu à affronter les deux techniciens est équivalente.

Les chiffres entre crochets montrent la position au classement pour chaque métrique en fonction du classement arrêté à la 18ème journée. Par exemple, si l’équipe avait un parcours à 1.67 points par match elle serait 5ème à l’heure actuelle. Au rythme de points engrangés par Passi, elle serait 10ème.

Sans que cela soit une surprise non plus, l’actuel entraîneur de l’OM démontre davantage de maîtrise avec plus de possession et moins de buts encaissés. C’était un chantier prioritaire lorsqu’il est arrivé et le défi est en passe d’être réussi malgré un revers cinglant contre Monaco !

Les indicateurs « avancés »

Sachant que le nombre de points par match peut fluctuer de manière importante en fonction de résultats plus ou moins chanceux, regardons en détail l’évolution de la production de l’équipe.

tableau-2

Le constat dressé à partir des indicateurs primaires semble se confirmer ici. La solidité défensive est clairement mise en avant par les tirs contre et tirs cadrés contre. En effet l’équipe est passée d’une piètre 17ème place au nombre de tirs subis à une honorable 7ème place.

On s’inquiétera peut-être de voir le nombre de tirs pour par matchs chuter légèrement, mais l’analyse de détail nous permet de rester optimistes. Le parcours de Garcia a en effet commencé par une performance rare dans le football moderne : tenter 0 tirs en un match. C’est ce qui s’est passé contre le PSG mais qui n’a heureusement pas été revu depuis. Si l’on exclu ce match, le technicien de Nemours remonte à une moyenne de 12.5 tirs par matchs et à une plus conforme place de 6ème sur cet indicateur.

Les différentes métriques semblent converger vers cette 5ème / 6ème place, ce que nous montre notamment la différence de tirs cadrés par matchs.

J’en profite pour faire une petite parenthèse sur l’intérêt de la différence de tirs cadrés. Les raisons sont multiples :

tableau-3

 

  • Le tir cadré (pour ou contre) est un événement moins fréquent que les tirs mais plus fréquent que les buts, ce qui donne une certaine pertinence à l’échantillon analysé

 

  • C’est une métrique qui a une forte corrélation avec le classement (cf. tableau ci-contre)

 

  • La différence de tirs cadrés se met en place relativement rapidement au cours de la saison (autour de la 10ème journée) et évolue peu ensuite. Ce point et le point précédent en font donc un outil redoutable pour analyser la performance d’une équipe à mi-parcours

 

Tout laisse donc à penser qu’en l’état actuel des choses, le niveau de l’équipe de Rudi Garcia se situe autour de la 5ème place. Ce qui est remarquable lorsque l’on sait qu’il a repris l’équipe au pied levé, sans la préparation estivale ô combien importante pour le travail tactique.

Les indicateurs « complexes »

Bien qu’étant d’excellents outils, les indicateurs analysés jusqu’à présent ignorent un facteur important : la dangerosité d’un tir, autrement dit, sa probabilité de finir au fond des filets.

Heureusement, des modèles mathématiques existent et nous permettent de déterminer ce coefficient de dangerosité et in fine le nombre de buts qu’une équipe aurait dû marquer en fonction de ses tirs. Je traduis ici imparfaitement par buts théoriques l’expression anglaise Expected Goals. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet je vous recommande cet article. Les chiffres que j’utilise sont d’ailleurs issus du modèle développé par Julien Assuncao l’auteur de l’article ci-dessus  (merci à lui).

tableau-4

Les tendances observées se confirment avec un important redressement défensif. Je retiendrais ici le dernier chiffre qui représente la dangerosité d’un tir subit, indicateur pour lequel Garcia a réussi à faire entrer l’équipe dans le Top 5, bravo à lui.

Récap en graph (on a bien souffert à Angers) :

graph-1
Barres : Diff de tirs cadrés. Ligne noire : Diff de buts. Couleur: Diff de buts théoriques

La suite ?

Au jeu des projections, je ne vois pas l’équipe actuelle au-delà de la 5ème place, l’écart est encore trop important notamment dans l’animation offensive avec des équipes comme Nice, Monaco, Paris ou Lyon. Le mercato hivernal nous permettrait-il de viser plus haut que la 5ème  place ? Je n’y crois pas. L’intégration de nouveaux joueurs ne suffirait pas, à mon avis, pour combler l’écart d’automatismes que nous avons par rapport aux clubs cités ci-dessus, qui ont dés0rmais 6 mois de vie commune.

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